De: d’Odémont

Pour Pierre et ses parents,

Merci de nous donner les nouvelles de Pierre que nous attendons avec impatience mais aussi anxiété. Votre sincérité et votre simplicité pour dire les choses comme elles sont, sont très émouvantes et vont droit au coeur. Quelle évolution déjà et quelle force de caractère chez votre petit bonhomme.

Je forme un voeu pour que ce NOËL de tous les sacrifices et de toutes les douleurs vous apporte l’espoir d’une vie apaisée, riche de nouvelles valeurs et enluminée par la force et le sourire retrouvés de votre petit Pierre. Il est, comme vous, dans toutes nos pensées.

Pierre et Simone d’Odémont

Trois jours après

Aujourd’hui, dimanche 23. Pierre a relativement bien dormi cette nuit, mais la morphine est indispensable… Comme déjà dit, elle n’est pas injectée en continu, mais Pierre peut l’actionner à volonté. Dès lors, dès que Pierre dort un peu trop longtemps d’affilée, elle cesse de faire de l’effet et il se réveille à cause de la douleur. Quelques petites pressions et la douleur se calme.

La chambre de Pierre a été relookée par Nathalie (quelle petite femme / maman attentionnée, douée, sensible, courageuse, forte…) :

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Pierre n’a quasi rien mangé depuis 3 jours… La seule chose qu’il avale, ce sont les petites bouteilles d’Actimel. Il me semble pâle et faible. Il s’est cependant bien reposé les derniers jours: il a dormi 31 heures d’affilée depuis vendredi 10:00 jusque samedi 17:00! Hier soir, il a regardé Harry Potter puis a redormi la nuit, avec les quelques réveils dus au manque de morphine.

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Ce matin, il a voulu un peu sortir de sa chambre. Pour la première fois, il a pu s’asseoir sur une chaise roulante et faire un petit tour dans les couloirs et revoir les autres enfants. Il faut absolument que son moignon soit à l’horizontale dans la chaise pour éviter l’accumulation de sang, ce qui risque de créer un oedème et compliquer la pose de la prothèse.

Il commence à s’habituer à sa demi-jambe: bien qu’assez douloureuse, il sait la bouger et plier le genou…

Vincent

C O U R A G E ! …

C ourage,

O n

U nit

R arement

A utant

G aillard galopant, Garçon gesticulant, Galopin gigotant, Gamin gambadant, Guignol givré, Globe-trotter gymnaste, Gambette gallère, Ganglion gênant, Genou gangrené, Généralement guillotiné, Gâchis glauque, Garrot greffé, Grièvement grimaçant, Globalement gratifiant, Glorieusement grandi, Grandement gâté, (Grands-)parents grandioses, Gentillesse géante, Générosité gigantesque, Guérison garantie, GAGNANT !!! (Et tout ça, sans Gouvernement) …

E xceptionnel !

PS : On se réjouit de pouvoir te rendre visite, et aussi de tester ensemble notre cadeau de Noël (Oops, peut-être déjà trop d’indices) … !

TiFred.

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Ca c’est du courage ! :o))  …   :

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Statu quo

Depuis hier, 10h, Pierre alterne phases de sommeil, assommé par la morphine et phases de réveil lorsque la douleur revient. Il est groggy et ne peut recevoir de visites pour l’instant… il doit récupérer et cicatriser; dans 2-3 jours, ça ira mieux…

Nathalie

Papys et mamys

En réponse au texte de “Papy Georges”, sur le blog de Jean

Merci, “Papy Georges”, d’inclure dans vos voeux tous les autres petits patients et leur famille. Les grands-parents sont un soutien plus qu’essentiel dans ce combat contre la maladie, tant pour leurs petits-enfants que pour leurs enfants, par leur présence, les services rendus à la maison et auprès des autres enfants, et leur amour immense.

Catherine, fille de “Papy Roger”, discret, mais ô combien toujours présent et à l’écoute, dans toutes les circonstances.

Douleur maitrisée

Ce matin, l’anesthésiste Frédéric Delvoye, appelé par les infirmières, a installé une pompe à morphine via le PAC. L’autre pompe qui injecte un anesthésiant directement dans la jambe (pas de la morphine comme je le croyais) n’a pas la même efficacité. La morphine l’a assez rapidement soulagé. Il peut actionner la pompe lui-même toutes les 5 minutes.

Il s’est enfin détendu et endormi à 10 h ce matin… après 7h difficiles.

Nathalie

Dernier conte “Songe d’une nuit de NOËL”

par Adémas de Barros, poète brésilien.

J’ai fait un rêve la nuit de Noël:

Je cheminais sur la plage

Côte à côte avec le Seigneur.

Nos pas se dessinaient sur le sable,

Laissant une double empreinte

La mienne et celle du Seigneur.

L’idée me vint -c’était un songe-

Que chacun de nos pas représentait

Un jour de ma vie.

Je me suis arrêté pour regarder en arrière,

J’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin

Mais je remarquai qu’en certains endroits,

Au lieu de deux empreintes,

Il n’y en avait plus qu’une.

J’ai revu le film de ma vie.

O surprise!

Les lieux à l’empreinte unique correspondaient

Aux jours les plus sombres de mon existence.

Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir,

Jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur,

Jours d’épreuves et de doute,

Jours où moi, j’avais été intenable.

Alors, me tournant vers le Seigneur,

J’osai Lui faire des reproches:

“Tu nous as pourtant promis

D’être avec nous tous les jours!

Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse?

Pourquoi m’avoir laissé seul

Aux pires moments de ma vie?

Aux jours où j’avais le plus besoin de ta présence”

Mais le Seigneur m’a répondu:

“Mon ami, les jours où tu ne vois

Qu’une trace de pas sur le sable,

Ce sont les jours où je t’ai porté.”

Puisse le Seigneur porter Pierre, ses parents et sa famille en ces jours si douloureux.    Mamy.

Douleurs fantômes

On nous en avait parlé, mais les voilà en vrai… J’ai passé la nuit à la maison avec Robin et Lucie alors que Nathalie est restée près de Pierre cette nuit. A 7:00, elle m’a appelé pour me dire que la nuit a été très difficile et pour appeler à l’aide. Pierre s’est réveillé à 3:00 et n’a plus dormi depuis. Il a hurlé de mal pendant une heure et demie. Il continue à avoir très mal, malgré les fortes doses d’anti-douleur qu’on lui injecte. Il crie “je veux ma jambe”…  Il a également une pompe à morphine qu’il peut actionner lui-même en fonction de sa douleur (dans des limites contrôlées).  Mais cela ne semble pas suffire: je l’entendais crier pendant que Nathalie me parlait… Dur dur.

Je vais descendre à la Citadelle pour les aider mais il est peut-être préférable d’éviter les visites pour l’instant (sauf éventuellement les grand-parents, marraine et parrain).

Vincent

C’est fait…

Voilà, c’est fait. L’amputation s’est bien passée. Elle a duré trois heures, de 11:30 à 14:30. Nous avons fait de l’humour jusqu’au bout, c’était plus facile ainsi. La dernière photo des deux jambes de Pierre sera rigolote:

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La marque en noir avec une petite fèche désignait la position haute de la tumeur. Le Dr Allington a coupé un peu au-dessus, mais c’est en-dessous du genou, comme prévu. On l’a bien aidée avec nos commentaires (comme elle avait déjà fait une erreur avant, on avait pris toutes nos précautions).

Pierre a été fort jusqu’au bout (Papa à moitié et Maman, disons, au quart). Il était calme et content de se débarasser de cette jambe qui dysfonctionne un peu trop ces derniers mois. Un des derniers moments avant de rentrer en salle d’op.:

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Au réveil, Pierre avait fort soif. Il s’est fâché sur l’anesthésiste, le Dr Pierre Cornet, qui a fini par céder et lui donner un peu d’eau. Nous avons aussi eu le bonjour de Pierre Van Munster (aussi anesthésiste), un copain de l’école secondaire de papa. Maman était contente de revoir son petit moineau à la patte cassée…

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Je suis repassé à la maison chercher Lucie et Robin pour aller dire bonjour à Pierre. Juste le temps de publier un petit article et on y va.

Un tout grand merci à tous les témoignages de sympathie, cela nous aide beaucoup!

Vincent

Un 3° conte!

Avant Noël pour nous réchauffer le coeur et nous permettre de patienter jusqu’aux nouvelles guettées!

Les yeux de l’âme! Il était une fois…

Deux hommes, très sérieusement malades, occupaient la même chambre d’hôpital. Un des deux pouvait s’ asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d’évacuer les fluides de ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre. L’autre homme devait passer ses journées couché sur le dos. Les deux hommes parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses, de leur famille, de leur maison, de leurs vacances. Et chaque après-midi, quand l’homme près de la fenêtre s’asseyait, il passait ce temps à décrire à son compagnon tout ce qu’il pouvait voir dehors. L’homme de l’autre lit commença à vivre pour ces périodes d’un heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et couleurs du monde extérieur. De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants faisaient naviguer leurs bateaux miniatures. Les amoureux marchaient bras-dessus bras-dessous parmi des fleurs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et une belle vue de le ville pouvait être vue à l’horizon. Pendant que l’homme près de la fenêtre décrivait tout ceci avec des détails exquis, l’homme de l’autre lit fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque. Un autre après-midi, l’homme de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là. Alors que l’homme allongé ne pouvait pas entendre l’orchestre, il pouvait néanmoins le voir avec son imagination tant son compagnon le dépeignait avec des mots poétiques et précis dans le descriptif. Un matin l’infirmière découvrit le corps sans vie de l’homme qui était près de la fenêtre, il s’était paisiblement éteint dans son sommeil. Plus tard, quand il sentit le moment propice, l’autre homme demanda s’il pouvait être déplacé près de la fenêtre. L’infirmière fût heureuse de lui faire ce plaisir et après s’être assurée qu’il était confortablement installé, le laissa seul.

Lentement, il se hissa sur un coude pour jeter un coup d’oeil. Enfin, il aurait la joie de voir par lui-même tout ce que son compagnon savait si bien lui décrire… Tout ce que l’oeil vit, ce fut un mur! “Pourquoi son compagnon décédé lui avait-il décrit tant de merveilles alors qu’il n’y avait rien?” demanda-t-il à l’infirmière. “Peut-être a-t-il juste voulu vous donner du Bonheur? lui… , il était aveugle!”

Epilogue

Il y a un bonheur immense à rendre d’autres heureux, en dépit de ses propres soucis.La peine partagée est de moitié diminuée, mais le bonheur partagé est doublé.Si vous voulez vous sentir riche, vous n’avez qu”à compter tout ce que vous possédez et que l’argent ne peut acheter!

Mamy